mercredi 29 mai 2019

LA CONSTRUCTION D'UNE VIE... LE HANDICAP EST UNE FORCE !

BONJOUR, BONJOUR !


J'espère que vous allez bien ? Aujourd'hui, je dois dire que j'avais envie de vous retrouver afin de vous parler un peu et de me mettre à vous écrire un peu comme mon cœur me le dictera.

Pour ceux ou celles qui ne me connaissent pas encore, je me présente moi c'est Anaïs et vous êtes ici sur mon blog que j'ai décidé de nommer "Blogueusearoulettes" car au vu de ma situation je trouvais que ce pseudo me correspond parfaitement.

J'ai fêté mes 26 ans le 23 décembre dernier et pourtant j'ai cette drôle de sensation d'avoir vécu mille vies en une seule. J'ai l'impression d'être une vieille âme qui aurait vécu dans un corps différent pour une femme de mon âge...

Ah, j'oubliais, c'est vrai parfois j'oublie de rappeler la réalité de ma vie. Je suis en situation de handicap moteur au cas où tu ne l'aurais pas vu sur toutes les photos de cet article (je précise on sait jamais).

Je suis dans ce fameux fauteuil roulant la pire hantise de cette société. Car je sais que dans cette fameuse France comme on la nomme certaines personnes préféreraient mourir que de finir leur vie dans un fauteuil roulant.

Alors, pour certains d'entre vous cela doit être un comble de me lire tout en constatant que je suis handicapée depuis ma naissance. Et oui, chers lecteurs et lectrices ça m'ait tombé dessus juste en voulant découvrir cette si belle Terre.

Je suis née à 5 mois et demi par la force de vie que j'étais. Aucun médecin n'aurait misé sur mon destin en annonçant à ma mère qu'il ne fallait sans doute rien attendre de moi et que plus tard je serais sans doute un légume. Comme si cela était digne de comparé la vie d'un être humain à un simple légume. 
Attention, je n'ai rien contre les légumes au contraire étant donné que je ne consomme plus de viande depuis environ 3 ans par convictions personnelle.

Vous me direz que j'ai un humour décapant et parfois très étrange et même dérangeant parfois. Et bien c'est comme cela puisque je suis une humaine hors norme, hors catégorie, hors de beaucoup de choses...

Lorsque mes parents m'attendais, ils étaient si heureux de savoir que je serai une fille car étant donné que j'ai trois grands frères, j'allais être une petite révolution dans cette grande famille ! Et s'ils avait su à quel point j'allais tout changer dans leurs vies... 

Grâce à moi, j'ai changé la vie de ma famille ainsi que leurs visions face à la différence, j'ai fait évoluer leurs regards ainsi que leurs consciences sur l'existence d'un corps atypique. J'ai été la tornade de leurs vie qui répondait au doux nom d'Anaïs.

Mon premier fauteuil roulant, c'est moi qui l'ai choisi autant que je l'ai demandé. Au recul de ma maman qui avait du mal avec mon handicap, qui n'était pas encore dans l’acceptation de ma différence. Je la comprend aussi car elle devait faire le deuil de la fille modèle qu'elle avait tant attendue.
Mais pour moi non, avoir mon premier fauteuil roulant à l'âge de 6 ans fut une grande joie pour ma part.

Je me revois encore dans ce fauteuil manuel jaune que j'avais choisi à longer à toute allure les couloirs d'un centre spécialisé. J'étais si heureuse de pouvoir tourner dans tous les sens dans mes petites roulettes. 

Choisir mon fauteuil roulant a été une joie ultime car dans mon sens c'était ma normalité à moi, c'était une suite logique des choses. 
Je ne sais pas d'où me vient cette positivité de la vie depuis mon plus jeune âge mais personnellement, je pense que cette joie et envie de vivre sont dues à ma naissance et c'est inné dans ma propre personne. Je suis certaine que je suis née avec cet enthousiasme qui ne me quitte jamais.

Je pense que la négativité, les larmes, les peurs, ne font absolument pas partie de ma construction de vie. Je ne vibre pas avec ces états d'âme-là tout simplement.

Je suis différente aux yeux de la société, aux yeux des gens qui m'entourent et pourtant dans mon propre intérieur je me sens absolument normal. Si bien que parfois je me demande si cette pensée-là est normal ou non. Mais quand bien même c'est pas grave, je le pense sincèrement. 
Et paradoxalement, j'ai conscience que la normalité ne m'appartient pas mais que j'ai toujours fait en sorte d'avoir un quotidien le plus normal possible !

Moi, la femme de 26 ans, je pense que j'ai dépassé mon handicap, je ne sens pas handicapée par cette vie qui m'appartient. Je me sens épanouie, le regard des gens ne me freine plus pour vivre comme je le souhaite et du coup j'ai la sensation de ne plus porter le poids des regards que l'on me jette. 

Bien au contraire, cela me passe par dessus la tête, oui, je suis différente et vous avez le droit de me regarder. Cela ne me dérange pas car je suis en paix avec ma propre personne. D'ailleurs regardez, le handicap ne m'a pas tuée, ni détruite et bien au contraire ma différence fait absolument partie de ma construction de vie et c'est ainsi que j'ai grandi.

Regardez moi, sans pitié vu que je vais bien et que je suis en pleine forme. Je me sens belle et au cas où tu te poses la question. Oui c'est bien moi qui me maquille et qui choisi mes vêtements. Je suis juste dans un simple fauteuil électrique qui m'a été en partie financé par la générosité des gens et je trouve cela incroyable. 

Plus je fais le bilan sur ma vie et plus je remarque que mon handicap n'a jamais été un frein en rien. Ma naissance à été plus que périlleuse, j'ai dû choisir entre la mort et la vie. Et j'ai choisi d'exister même si ce choix à du me contraindre à vivre différemment.   

Le handicap n'est pas une fin en soit, le handicap nous offre un choix parallèle afin d’obtenir une meilleure construction de vie. Je n'échangerais pas mon destin avec qui que ce soit. Car je n'ai pas choisi de naître ainsi dans de telles conditions mais c'est réellement la différence qui m'a choisi afin de transformer cette différence en une force infinie jusqu'à même y faire oublier cette différence qui vibre en moi.


Mon article est terminé, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire et à m'écouter intérieurement sur ce que j'avais envie de vous faire partager.

Quel regard avez-vous sur la différence ? Où bien est ce que vous vous sentez différents de cette société ?

Dîtes-moi tout cela en commentaires s'il-vous-plaît, je serais ravie de pouvoir échanger avec vous à ce sujet qui me tient profondément à cœur.

Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire...

Je vous souhaite de passer une agréable semaine et je vous embrasse très fort.


Anaïs

1 commentaire:

  1. Bonjour Anaïs. Un bel hymne à la vie que tu as écris là du haut de tes 26 ans. Tu as peu ou prou l'âge des mes enfants mais ta maturité, ta joie de vivre, ta positivité m'impressionne. Tu dois être un rayon de soleil pour ton entourage et ô combien tes parents doivent être fiers d'avoir enfanté une si belle âme. Tu as su faire de ton handicap une lumière que tant de gens aimerait avoir en ce monde bien tourmenté. Continue ainsi, c'est un bonheur de te lire et de picorer un peu de ta positivité, ça permet de relativiser nos petits maux bien mesquins au regard des tiens. Je suis fière de toi bien que je ne te connaisse que par tes écrits et tes sourires à travers tes photos. C'est avec un grand plaisir que je partage tes tweets, qu'un plus grand nombre possible puisse ainsi les parcourir. Je te fais de gros bisous et te dis à très bientôt à travers la tweetosphère. Ne change rien 😘

    RépondreSupprimer