mercredi 10 juillet 2019

3 ANS DEPUIS TON ENVOL : LE TEMPS DE REVIVRE

BONJOUR, BONJOUR !


J'espère que vous allez bien ? Comme vous le savez, aujourd'hui nous somme le 10 Juillet 2019 et pour ceux et celles qui me suivent au quotidien vous devez peut-être savoir que désormais tout les 10 Juillet on une saveur particulière dans mon cœur.

En effet, il y a trois ans jour pour jour Benoît, l'homme que j'ai aimé pendant plus de 14 ans de ma vie a rejoint le ciel dés suites d'une foutue Sclérose en Plaques foudroyante à l'âge de 25 ans.


Chaque année à cette date-là, je ressens l'étrange besoin vital de vous écrire à propos de cette épreuve que je traverse encore aujourd'hui. Donc, j'ai décidé de m'écouter et de vous écrire.

Déjà trois années que tu t'es retiré de ce monde terrestre mon Benoît, ça me paraît étrange comme le temps passe à une vitesse folle et cette période de l'année n'est jamais facile pour moi.

A vrai dire, je devrai parler à mes lecteurs et lectrices à travers cet article mais si tu savais mon petit ange à quel point j'ai envie de m'adresser à toi. Ton envol en 2016 a été l'ouragan de ma vie. Je me souviens encore de ce téléphone qui sonne alors que je m'apprêtais à t’appeler pour te dire que c'est le Portugal qui avait gagné l'euro. Mon portable sonne je décroche je sais que ça vient de toi et une dame me parle et me dit que tu es décédé je me souviens de sa phrase "J'ai une très mauvaise à vous annoncer" je n'ai pas eu besoin de savoir la suite mon cerveau et mon cœur se sont arrêté sur cette phrase. 

Dire que quelque jour avant j'avais demandé qu'on me mette au courant de ton état physique et qu'on me prévienne si tu devais être hospitalisé et bien personne n'a respecté mon souhait et à vrai dire c'est ce qui me fait encore mal aujourd'hui. J'aurais voulu être près de toi jusqu'au dernier moment car je suis persuadée que la dernière image que tu as eu avant de fermer les yeux pour toujours c'était moi. Je suis certaine que tu as dû m'attendre jusqu'à la dernière seconde et je culpabilise encore de ne pas avoir pu être près de toi.

Tu sais après ton départ, je me suis sentie si vide, si mal, si seule malgré le monde qui m'entourait je me sentais désespéramment seule. Pourtant j'avais déjà tant souffert dans ma vie mais rien ne pouvait être comparé face à la douleur que j'ai portée à ton envol.

Pourtant je savais, je savais que tu partirais c'était écrit, je savais que c'était pour bientôt mais malgré tout quand cela vous arrive on s’écroule comme tout le monde. Je le savais durant longtemps que tu partirais bien avant moi mais je m'étais mis un voile devant les yeux et j'étais dans un déni profond d'accepter ton départ.

Les premiers mois de ton envol, j'ai eu la sensation d'être devenu mon propre fantôme, j'ai vécu qu'avec des automatismes, mais je me suis interdite longtemps de vivre. Je préférai survivre car c'était plus simple pour moi de surmonter les jours qui défilaient.

J'étais en colère contre tout, contre la vie, contre la maladie je voulais retourner le monde pour pouvoir te retrouver.

Je m'étais rapproché de ta famille car j'étais certaine qu'on se comprendrait. C'était le cas durant la première année et je les remercie pour leur présence. Mais au fil du temps j'ai ressenti le besoin de prendre du recul car cela m'empêchait de pouvoir gérer mon deuil comme je le voulais.

Je ne leur ai pas fermé la porte pour autant (enfin si pour quelques personnes), j'ai juste mis mes distances pour que je puisse me reconstruire sans qu'on me dise qu'il était temps que je passe à autre chose.

Quand on perd la personne que l'on n'aime j'ai remarqué Benoît qu'on me mettait la pression pour que je fasse mon deuil comme si il y avait une date d'échéance de fin à un deuil. On me demande parfois de refaire ma vie, de me trouver quelqu'un d'autre. C'est très frustrant car je sais que leurs intentions ne sont pas mauvaises mais je suis fatiguée qu'on veuille toujours me donner des conseils ou me dire ce que je dois faire. 

Déjà d'une, on ne peut pas refaire sa vie, on peut seulement la continuer et j'ai simplement décidé de la continuer. Depuis ton départ Benoît après ma colère, je suis parvenue à m'apaiser, ma colère a fini par disparaître.

Avant que tu t'envoles, j'avais la sensation que je pouvais être pleinement moi lorsque j'étais avec toi. Et lorsque tu as quitter ce monde j'ai eu la sensation que j'ai révélé ma personnalité toute entière au monde entier.

Du coup, plein de personnes m'ont trouvé différente et m'ont dit que j'avais changé alors qu'au final j'étais juste devenu moi. Et puis, il faut avouer que lorsque cette épreuve nous arrive on y gagne en maturité. Quand il est parti j'ai eu la sensation d'avoir fait un immense bon dans mon évolution de vie comme si j'étais partie dans une autre dimension de moi-même.

Grâce à toi mon petit ange j'ai évolué et j'ai pris du temps pour apprendre à mieux me connaître. J'ai appris à ne plus être en colère contre ce qui peut m'arriver et que si tout cela s'amène à moi c'est que ça m'était destiné car la vie m'a programmé à les vivre pour que j'en retienne les belles choses.

Tu m'avais prévenu très tôt que tu allais partir je m'en souviens très bien tu avais à peine 11 ans et tu m'avais dis allongé près de moi "J'aurai une courte vie, je vais mourir très jeune car le stade de ma maladie compte tenu de mon âge est très rare". Je le savais, tu me l'avais dit, j'aurais pu partir mais je suis restée avec toi jusqu'au bout parce qu'on s'aimait, parce qu'on était fusionnel et parce que c'était nous. J'aurai pu partir et je ne l'ai pas voulu car je savais d'avance que je transformerais ton départ en quelque chose de positif en moi et c'est ce qui est arrivé.

Aujourd'hui Benoît, je me sens mieux et je me sens libre de vivre ma vie. Autrefois, je culpabilisais d'être vivante sans toi, je culpabilisais de rire et de faire des projets. Je culpabilisais d'être contrainte de continuer ma vie sans toi à me tenir par la main.

Et aujourd'hui, je ne culpabilise plus d'être vivante car c'est la vie qui en a décidé ainsi. Je ris oh mon Benoît je ris autant que tu aimais mon sourire. Ton départ m'a rendu amoureuse de ma vie. Quand j'aime quelque chose je le dis et c'est la même chose lorsque je n'aime pas. Maintenant j'aime ma vie pour ce qu'elle est entièrement et j'ai parfois l'impression que tu m'as transmis ton immense envie de vivre et ta joie à t'émerveiller sur tout.

Est-ce que tu me manque ? Oh que oui, la vie à un parfum différent sans toi, je n'ai plus tes yeux qui me disaient je t'aime à longueur de journée. Je n'ai plus ton sourire qui illuminer ma vie tout entière. Mais ton amour ça je l'ai toujours un amour ne se perd jamais quand on n'y met pas de terme. 

Je ne saurais l'expliquer, mais je te ressens toujours. Le jour où j'ai appris ton envol j'ai senti que tu avais décidé de vivre en moi dans mon corps tout entier et je suis persuadée de mes mots.

Même si tu me manques ton absence n'est plus une souffrance. Je garde tous nos bons moments près de moi et parfois même je passe des nuits à revoir nos souvenirs défiler devant mes yeux et j'en rigole très souvent tu sais.

Je te mentirais si je te disais que tous les jours je souris en pensant à toi et à nous. Mais lorsque la douleur et le manque est là je l'accepte car c'est tout à fait normal, je l'accepte et j'accueille mes émotions car c'est ainsi que je m'apaise.

Mon petit ange, je garde de toi le souvenir d'un homme tellement souriant et combatif si le monde entier savait à quel point tu t'es battu contre cette sclérose qui ne t'a laissé aucune pause à mon plus grand regret.

Je remercie la vie, la Terre et l'Univers de t'avoir mis sur mon chemin j'ai eu une chance immense de partager un bout de ma vie à tes côtés et je te remercie Benoît de m'avoir choisi pour faire partie de la tienne jusqu'à la fin et tu avais bien raison j'étais la femme de ta vie.

Je me sens riche de t'avoir connu et d'être la femme que je suis devenue. Car grâce à cette épreuve je n'ai plus peur de la mort car quand mon tour viendra je sais que tu seras le premier à m'accueillir devant les portes du Paradis.

Fête bien ta troisième année au ciel mon ange. 

Je t'aime plus fort que l'infinie...

Ta Nanaïs.

Je vous embrasse bien fort mes lecteurs et lectrices et je vous remercie d'être toujours là pour moi.

A très bientôt.


Anaïs

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