jeudi 24 septembre 2020

POURQUOI GREGORY LEMARCHAL ET SON ASSOCIATION SONT SI IMPORTANT POUR MOI ?

 BONJOUR, BONJOUR !


J'espère que vous allez bien ? Aujourd'hui, j'ai eu envie de vous rédiger un article un peu particulier. En effet suite à l'actualité je ressens le besoin de vous parler de mon admiration pour l'artiste Grégory Lemarchal ainsi que l'homme qu'il était humainement. Mais aussi de vous parler de L'association Grégory Lemarchal. Afin de vous raconter pour la première fois sur mon blog à quel point cet être si incroyable a pu changer ma vision sur la vie...

Par le biais de cet article, je ne peux que vous conseiller de soutenir l'association et n'hésitez pas à cliquer par ici pour plus de renseignements ou pour faire un don si vous le souhaitez.

Tout a commencé ce fameux 3 Septembre 2004 au soir. Il faut savoir que durant cette période j'étais hospitalisée pour une rééducation intensive des suites d'une multiple chirurgie au niveau de mes jambes. Et le soir d'ouverture de la Star Academy 4 c'était le premier weekend où j'avais obtenu l'autorisation d'aller chez mes parents le temps d'un week-end après déjà 6 mois d'hospitalisation. Je me souviens, j'avais à peine 10 ans. J'étais combative mais un peu fatiguée également.

Ce soir-là, ma mère et moi nous avons allumé notre télévision pour regarder la Star'Ac car nous étions assez fan de cette émission de télé-crochet. Bien installées sur le canapé, les nouveaux candidats se présentent et d'un coup je vois Grégory avec son t-shirt rouge et son sourire si large et si sincère. Je n'oublierai jamais ce moment. Car je me suis sentie proche de lui instantanément. Puis le petit reportage de sa présentation se déroule où on se rend compte de sa joie de vivre. Il informe par une petite phrase qu'il est atteint d'une maladie qui se nomme la Mucoviscidose. Une maladie que je connais très peu mais je comprends mieux pourquoi j'ai ressenti une connexion d'âme avec lui. Puis il se met à chanter Tous Les Cris Les Sos avec Radia et Sofiane et là j'entends sa voix si puissante, si percutante de force et d'expérience de vie. Je me rappelle avoir dit à ma mère "C'est Grégory qui va gagner". Dés le départ cela a sonné comme une évidence pour moi.

Le dimanche soir je suis retournée à l'hôpital, le sourire aux lèvres plus reboostée que jamais car en voyant Grégory je me disais que tout était possible si on se donnait les moyens. Tous les soirs avec mes camarades de combat nous regardions les quotidiennes de la Star Ac nous étions tous enchantés de retrouver Grég tous les soirs. Moi, durant cette période, j'apprenais à marcher avec un déambulateur car c'était un objectif que je m'étais fixé. 

Chaque soir le retrouver devant mon petit écran représentait pour moi une dose de bonheur qui me ressourçait pour la journée entière. J'étais fan et c'était la première fois pour moi que cela m'arrivait. Je demandais à ma mère de m'acheter tous les livres qu'elle pouvait trouver où Grégory était dessus. 

Pour tous les primes, j'étais chez moi et j'étais impatiente de découvrir les performances de Grég. Le soir où il a interprété SOS d'un terriens en détresse, j'étais entourée de ma mère et de mes frères eux aussi ils ont été impressionnés ce soir-là. Je me souviens qu'on l'avait tous applaudi à la fin de sa prestation. C'était un moment hors du temps.

Puis un jour j'ai enfin pu quitter l'hôpital fonctionnelle car j'avais énormément progressé. Nous étions vers le mois de Novembre je retrouvais mes amis de combat au collège en 6ème dont mon chéri Benoît en y repensant le nombre de fois où j'ai pu lui parler de Grég. Il n'a jamais été jaloux au contraire il me comprenais. Puis le 22 Décembre 2004 est arrivé la veille de mon anniversaire qui est le 23 Décembre. C'était la finale de la Star Ac 4 et Grégory était en final opposé à Lucie. Il avait chanté la chanson "Et Maintenant" c'était encore une fois un moment hors du temps. Puis vint l'heure des résultats, nous avions tous voté et puis il a gagné j'étais si heureuse, si fière de l'avoir soutenu et je savais que j'allais continuer à suivre son parcours. Et encore à l'heure actuelle presque 16 ans après sa victoire cela reste le plus beau cadeau d'anniversaire que j'ai pu avoir dans ma vie.

Ensuite, j'ai suivi sa carrière de très près. Je me souviens lorsque j'ai vu son premier clip sur la chanson "Écris L'Histoire" j'étais si contente et toute ma famille aimait beaucoup cette chanson même ma grand-mère adorait Grégory elle me gardait souvent des articles de presse qu'elle m'envoyait depuis La Rochelle. 

Je me souviens du jour où j'ai acheté son premier album "Je deviens moi". Et de la première fois où je l'ai écouté seule dans ma chambre sur mon poste. Je me rappelle lorsque j'ai écouté la chanson "A corps perdu". Elle m'avait bouleversée de part son message poignant sur la vie et l'envie d'y croire jusqu'au bout. Cela portait un message lourd de sens pour moi de par mon parcours et faisait un écho à ma vie. J'ai eu son album en boucle dans mes oreilles dans mon MP3 durant plusieurs moi. Je suivais toutes les émissions télé dans lesquelles il passait...



J'ai voulu aller le voir lors de sa tournée pour son album "Je deviens moi" en 2006 et malheureusement quelques jours avant la date sur Toulouse Grégory avait eu l’appendicite et il avait dû annuler plusieurs concerts dont celui de Toulouse. J'étais triste, mais pas déçue car je sais que parfois on ne peut pas tout gérer et sa santé était plus importante.

Quelques mois plus tard, ma mère voyant mon envie de rencontrer Grégory grandir elle me dit "mais pourquoi tu ne lui écrirais pas une lettre en lui expliquant ton parcours et envoie lui tes poèmes avec". Chose que j'ai fait immédiatement je devais avoir 12 ans environ. Un quotidien compliqué entre l'évolution de mon handicap qui m'a fait peu à peu perdre la marche et l'alcoolisme profond de mon père qui devenait de plus en plus violent. Grégory Lemarchal à été mon refuge dès que j'en ressentais le besoin je l'écoutais et ça m'apaisait dans mes émotions si difficiles a gérer. Même mes grands frères le savaient donc dés qu'ils voyaient que Grégory passait à la télé ils m'envoyaient toujours un sms en me disant il y a Grég ton chanteur à la télé.

L'année 2007 arrive, une année si compliquée pour moi. Mon père se noie dans l'alcoolisme jusqu'au soir où il a descendu les marches de nos escaliers avec une carabine dans les mains cachée dans un t-shirt blanc. J'étais devant mon ordinateur portable juste derrière le canapé, j'écrivais des poèmes ça défoulait mes émotions si lourdes. Et je ne sais pas d'un coup j'ai un instinct je vois mon père avec la carabine. Et j'hurle en lui demandant ce qu'il fait il me répond "rien tais toi". Puis il s'en va vers le garage. Excédée, je me retourne vers mon écran, je mets mes écouteurs et je me remets à écouter Grég. Ce soir-là, je ne sais pas vraiment ce que mon père à voulu faire peut-être se suicider je ne sais pas en tout cas il n'a pas réussi à le faire il est rentré à la maison environ une demi-heure plus tard avec les balles de sa carabine dans les mains. Il a avancé vers ma mère et moi et il nous les a jeté en pleine tête. 

Quel traumatisme ! Je n'ai jamais parler de cela sur la toile mais je remercie Grégory de me permettre de le faire. Suite à tout cela ma mère et moi nous avons pris la décision de quitter Toulouse pour La Rochelle où ma famille habite. Nous mettons tout en place en faisant en sorte qu'il ne remarque rien. C'était tellement difficile pour moi de me mettre à l'idée de quitter mes amis de toujours que j'adore de laisser Benoît mon chéri seul alors que sa maladie se dégrade. Mais j'avais à peine 13 ans et je ne me sentais pas prête a quitter ma mère tout de suite. 

Puis ce 30 avril arrive, je rentre de l'école je fais mes devoirs et je retourne à mon ordi pour jouer à des jeux histoire de me détendre un peu. Et les infos arrivent et j'entends le présentateur du journal annoncer la mort de Grégory Lemarchal. Je me suis retourné sur ma chaise. J'étais sous le choc, je n'arrivais pas à penser à dire un seul mot. Un état de choc percutant je me souviens ça m'avait clouée sur place. Cette annonce à bouleversé ma vie en une fraction de seconde. Je suis restée dans un état de sidération pendant plusieurs jours. Ça m'a profondément touchée dans mon âme.

Les jours qui ont suivi, je dois avouer que je n'étais que l'ombre de moi-même. Ça m'a vraiment fait un coup au moral. Je me rappelle que j'avais eu besoin d'écrire sur ce que je ressentais et j'ai rédigé de nombreux poèmes pour Grégory Lemarchal. C'était une façon pour moi d'essayer d'accepter ce terrible drame. Un peu plus tard, je me suis réveillée émotionnellement et j'ai réalisé à quel point il fallait que je profite de ma vie et qu'il fallait que je me soigne. Car à côté de cela mon état s'est dégradé. Ma spasticité (un syndrome de ma pathologie qui me provoque des raideurs paralysantes et permanentes sur tous mes muscles) prend le pouvoir sur beaucoup de choses et on m'avait proposé un traitement qui à pour but de me détendre. Mais j'ai longtemps refusé de le prendre car il a tendance à m'endormir et il apporte beaucoup d'effets secondaires. Mais je réalise qu'il peut m'aider alors je le prends assidûment. Et puis ma scoliose que je traîne depuis un moment se dégrade aussi on me propose donc de porter un corset correctif jour et nuit. C'était difficile physiquement et moralement d'encaisser tout cela si bien que les pulsations de mon cœur explosaient. Face à cette avalanche de mauvaises nouvelles je m'accroche et j'écoute énormément Grégory. Si bien que je décide de créer un blog sur skyblog pour entrer en contact avec des fans de l'artiste que j'admire plus que tout malgré son envol.

C'est ainsi que j'apprends à connaître David  qui découvre mes poèmes et qui m'aide à faire publier mon recueil de poésies. J'en étais si heureuse car c'était mon rêve depuis toujours.

Entre temps, l'année scolaire touche à sa fin et c'est un énorme déchirement de dire au revoir à mes amis avant de quitter Toulouse pour partir vivre à La Rochelle. C'était difficile car mes amis étaient et seront toujours ma deuxième famille. Nous préparons quelques affaires dans le dos de mon père car ma mère et moi nous avions peur de sa réaction si on lui annonçait qu'on partait. 

Nous partons pour La Rochelle hébergées chez ma grand-mère maternelle le temps de trouver un appartement. Puis mon père découvre qu'il n'y a plus de vêtements dans mon armoire et là c'est le drame. Durant plusieurs mois il m'a menacée par téléphone qu'il allait se suicider. C'était compliqué. Entre temps, je continue de travailler sur mon recueil de poésie et il sortira quelques mois plus tard en peu d'exemplaires. J'en étais si fière, c'était l'accomplissement d'un rêve et je l'avais appelé "Pour l'amour du ciel" car depuis toujours je me sens connectée vers un autre monde.

Au collège en 3ème rien n'allait vraiment, car à Toulouse nous étions environ 8 élèves par classe et là je me retrouve du jour au lendemain dans une classe de 32 élèves. Je m'accroche comme je peux mais c'est difficile de suivre les cours car tout va trop vite et entendre toute la journée 30 élèves parler sans cesse c'est vite épuisant. Heureusement que le soir au moment de me coucher je regardais les deux posters de Grég que j'avais accrochés sur un mur dans la pièce où je dormais. L'année suivante avec ma mère nous avons eu un appartement j'étais contente d'avoir une chambre rien que pour moi où j'ai tout de suite pu accrocher tout les posters de Grégory que je possédais. J'étais contente d'avoir mon univers.

Puis un jour j'ai une pulsion de vie avec une envie folle de rencontrer la famille de Grégory. Je me disais qu'il était temps que je me bouge. Et j'avais un besoin viscéral de les rencontrer. Je savais que depuis le décès de Grégory chaque année lors du deuxième week-end du mois de juin en Haute-Savoie se déroulait une "Journée Entre Amis" une journée que Greg avait créé mais qu'il n'a pas eu le temps de voir. J'en parle alors avec ma mère qui décide de me suivre. Nous réservons les billets de train, la chambre d'hôtel... Et la veille de cet événement nous partons pour la Haute-Savoie avec 9h de train en passant par Paris. Une route épuisante mais j'oubliais la fatigue c'était pour la bonne cause.

Nous arrivons près du lac d'Annecy et j'ai un vrai coup de cœur pour ces paysages si magnifiques je comprends pourquoi Grégory aimait tant sa région. J'étais épuisée. Nous attendions que l'auberge de jeunesse où nous devons dormir ouvre si bien que je m'endors dans mon fauteuil dehors en attendant. Nous dormons et le lendemain c'était le jour j et j'étais si heureuse et impatiente. Nous arrivons sur les lieux et j'y vois plein de stands remplis d'objets sur mon idole. Alors avec ma mère nous avions envie de tout acheter.

Je discute avec plein de fan avec lesquels je communiquais déjà sur internet. L'après-midi arrive et Pierre le père Grégory, Laurence sa maman et Karine Ferri qui était la compagne de Grégory. Je vois Laurence en premier, on discute. Elle était touchée par tout le trajet que j'avais fait. Je lui donne mon livre de poèmes... Ensuite je croise Pierre nous parlons comme si nous nous connaissons depuis toujours. Je vais voir Karine Ferri qui n'était pas bien. Alors j'ai essayé de la faire sourire car je savais que c'était une douleur que j'allais subir dans quelques années. Enfin un peu plus tard dans la journée je rencontre Leslie la petite sœur de Grégory une femme discrète avec un cœur immense.

Le soir même avec quelques fans nous passons la soirée ensemble une soirée mémorable. Je me souviens de tout c'était génial une vraie dose d'amour où je ne sentais plus les regards des autres. Une fois rentrée chez moi, j'ai eu du mal à sortir de ma bulle. 

J'ai commencé mon année scolaire en seconde. Je me sentais si mal dans ce lycée car j'avais l'impression que je ne pouvais pas réellement être moi-même. A côté de cela ma scoliose se dégrade au point d'impacter mes poumons et mon cœur. J'avais mal en permanence tenir une journée au lycée m'épuisait. Je suis allée voir un chirurgien à La Rochelle car je sentais que l'heure de l'opération allait arriver. Je rencontre un chirurgien et le courant ne passe pas du tout. Je dois le revoir quelques mois plus tard afin de lui poser toutes mes questions pour l'opération chose que je fais. J'avais écrit un tas de questions sur une feuille. J'arrive au rendez-vous, le chirurgien me dit directement pas d'opération prévue pour le moment. Plus aucune écoute et je ne comprends plus rien car pour moi j'étais prête. Je sentais au fond de moi que j'avais réellement besoin de cette opération. J'étais déçue et ma mère était contente car elle redoutait cette opération. 

Les mois passent et Laurence Lemarchal sort son livre sur son parcours de vie avec son fils Grégory. J'ai lu son livre plusieurs fois dans lequel je me suis beaucoup reconnu également. Quelques semaines après Laurence vient faire une séance de dédicaces pour son livre à La Rochelle et j'étais ravie de pouvoir la revoir et je pense que c'était vraiment réciproque. Une merveilleuse journée dans mes souvenirs.

Puis quelques semaines plus tard, mon état se dégrade mon dos me fait atrocement souffrir à tel point que je me casse plusieurs côtes... J'avais pris le temps de réfléchir et j'étais vraiment décidée à me faire opérer afin de m'offrir une meilleure qualité de vie pour la suite. Je demande donc à revoir ce fameux chirurgien qui encore une fois change de discours. Je m'engueule avec lui en lui disant que j'en ai marre de son comportement (il était très hautain et vraiment désagréable). Il me dit qu'il n'avait jamais dit de ne pas m'opérer alors qu'il mentait ouvertement et qu'il n'avait pas mon dossier devant ses yeux. Il me propose l'opération et je lui répond "oui je vais me faire opérer mais pas par vous car je n'arrive pas à vous faire confiance et j'estime que pour une opération de la colonne vertébrale il faut un minimum avoir confiance envers son chirurgien" il me regarde il était furieux et je réponds "je vais me faire opérer à Toulouse au moins je serais sûr de moi." Je pars de l'hôpital décidé. J'écoute mon intuition.

Mon état se dégrade peu à peu, je ne dors plus, je suis sous codéine en permanence et rester une journée assise dans mon fauteuil électrique m'ai vraiment difficile et à côté de cela je commence à devenir le fardeau de mes camarades de classe on ne veut plus rester avec moi et je me sens de trop dans cet établissement.

A cette période là j'avais le moral à zéro si bien qu'avec ma mère on a décidé que pour l'année scolaire suivante je quitterai le système scolaire lambda. Au même moment j'étais en stage dans une petite association d'insertion au handicap dans le monde du travail. Le patron était si odieux. Il avait été amputé d'une jambe bien quelques années avant à la suite d'un accident. En essayant de discuter avec lui j'avais senti qu'il était dans le déni de son handicap.

Quelques jours plus tard, je suis allée à Toulouse pour rencontrer mon chirurgien. J'arrive au rendez-vous et j'y découvre un homme si discret à l'opposé de l'autre chirurgien. Il m'explique tout de mon opération les bénéfices et les risques. J'étais décidée. L'opération se fera le 21 septembre 2010. Un 21 septembre une date déjà lourde de sens dans ma vie car 9 ans plus tôt à cette même date il y avait l'explosion de l'usine AZF à Toulouse une explosion qui avait bouleversée ma vie entière. Mais peu importe je prends cette date comme un signe de la vie. Nous étions au mois de mai 2010 le temps de me préparer mentalement. Je retourne à La Rochelle, puis quelques jours après je suis incapable de me lever du lit tant mon dos me fait mal. Ma mère appelle l'association de mon stage pour leur dire que je ne pourrais pas venir. Le soir même je devais prendre le train pour Bordeaux car la nouvelle "Journée Entre Amis" arrive. Par une force de l'inconnu le soir même je prends ce fameux train avec ma mère et ma tante. Une fan de Grég nous héberge pour la nuit car le lendemain matin nous partons en voiture direction la Haute-Savoie.

Le trajet est long et difficile mais je tiens le coup l'envie est plus forte que la fatigue. Nous arrivons environ 6h plus tard. Je me couche assez vite. Le lendemain c'était la journée entre amis comme d'habitude une journée riche en émotions et le soir il y avait un lâcher de ballons au moment d'apparaître dans le ciel tous les ballons prennent la forme d'un grand cœur et nous savons que Grégory était là. Je vois Laurence Lemarchal et je lui dis que l'opération approche on discute beaucoup et elle me souhaite bonne chance.

Le lendemain les fans décident de m'emmener voir la tombe de Grégory car je n'y avais jamais été. Nous arrivons dans ce petit cimetière il pleut à torrent alors que deux minutes avant il faisait beau. C'est fort en émotion et je réalise que je suis tout près de lui. Certains prenaient des photos. Je n'ai jamais compris pourquoi. Je n'ai pas eu besoin de photo mais au travers de mes yeux je me souviens de tout. Je repars pour La Rochelle très difficilement mon corps souffrait beaucoup. Fin août je fais les multiples examens nécessaires pour la préparation de mon opération. Je me sens prête. Mais début septembre 2010 Pierre Lemarchal se produit en concert à La Rochelle j'y vais avec plaisir. Ça me donne un peu plus de force pour la suite. 

Le jour fatidique arrive, je me sens bien je sens qu'il est temps. L'opération se passe très bien et je me retrouve en soin intensif avec des soins à répétitions. Et je me souviens d'une nuit où la souffrance était terrible, les infirmières étaient très en retard pour mes anti-douleurs. J'avais beaucoup de fièvre. Je me sentais partir et je sentais une présence si forte. Et là je me suis mise à parler à voix haute à moi-même c'est ce qui me faisait tenir. Et tout d'un coup j'ai serré les poings et je me suis adressé à Grégory (je sais vous allez me prendre pour une folle). Je lui ai dit "Grég je sais que tu es là s'il te plaît donne moi de la force j'en peux plus" quelques minutes plus tard l'infirmière arrivait et elle a eu très peur en me voyant si mal. J'ai eu mes calmants qui ne m'ont pas vraiment soulagée. 

Et le lendemain matin même si je ne dormais pas depuis dés nuits mais j'allais mieux si bien que j'ai quitté les soins intensifs pour une chambre au service chirurgie à l'hôpital des enfants de Purpan. J'avais mal mais pour moi c'était une étape de franchie. Un jour ma marraine me rend visite et étant donné que j'avais un lecteur DVD dans ma chambre je l'ai missionnée d'aller me trouver le dvd du concert de Grégory Lemarchal à l'Olympia. J'avais besoin de le voir car à chaque fois ça me transmettait beaucoup de force. Je serais bien plus tard que ma marraine avait fait tous les magasins possibles pour m'acheter ce fameux dvd.

Ensuite quelques temps après je suis allée dans un centre de rééducation en hospitalisation afin de récupérer du mieux possible. Et en rentrant dans ma chambre je demande à ma mère d'accrocher des photos de la journée en amis sur les murs. C'était une manière pour moi de retrouver des repères. Je sors peu à peu d'un alitement profond. C'était difficile mais je me suis accrochée. Puis je retrouve Benoît l'homme que j'aime et je me rends compte de mes propres yeux à quel point la maladie empiétait sur sa vie. A cette période là Benoît avait 20 ans et moi 17. Il était en fauteuil roulant l'équilibre sur les jambes l'avait quitté. Il ne pouvait plus s'alimenter à cause de nombreuses fausses routes. Et surtout il avait de grosses difficultés à parler les mots sortaient difficilement donc il chuchotait j'étais l'une des seules à le comprendre. Benoît avait d'énormes soucis respiratoires donc comme un soutien sans faille je l'accompagnais à ses séances de kiné respiratoire, a son percussionaire qui l'aidait à respirer. J'avais vécu des petits soucis respiratoires juste après mon opération mais être témoin de ce combat pour retrouver le souffle à forcément fait écho au combat de Grégory.

Les années suivantes, j'ai dû mettre de côté mon combat pour l'association de Grégory Lemarchal (je l'ai porté dans mon cœur malgré tout) car je devais me consacrer au combat de celui que j'aime. Je savais que la fin viendrait car Benoît m'y avait préparée depuis toujours. Face à ça, je suis revenue vivre à Toulouse pour être plus proche de lui et aussi pour assister à mes multiples rendez-vous médicaux. 

Début 2016, le 3 janvier exactement une douleur me frappe brusquement je comprends que c'est très grave et je suis hospitalisée d'urgence. J'apprends que j'ai une grave infection une septicémie foudroyante. Je comprends instantanément que ma vie est en jeu. Je m'accroche de toutes mes forces même quand mon corps me lâchait et encore une fois j'avais Grégory Lemarchal en boucle dans mes oreilles ça me donnait de l'énergie et de ne laisser aucune chance à la mort de m’attraper. J'ai survécu par je ne sais quelle force. Je sais que des anges me guident depuis le ciel. 

Quelques mois plus tard, très fatiguée mais vivante. J'apprends l'envol de Benoît une si lourde étape. Je m'écroule s'en est trop. C'était si difficile je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Mais je me suis relevée par la force des choses car je me sens poussée par des énergies si puissantes que parfois je me sens invisible. Depuis, j'apprends à prendre du temps pour moi et à me reconstruire tant bien que mal. Et je suis persuadée que Benoît et Grégory sont ensemble au paradis car ils avaient une âme très similaire l'un de l'autre. J'y crois très fort en tout cas et c'est aussi grâce à cette pensée que je m'apaise.



Et là il y a quelques jours le biopic "Pourquoi Je Vis" sur l'histoire de Grégory Lemarchal m'a replongée complètement durant tous ces moments de vie et ça m'a fait réaliser à quel point il était temps pour moi de reprendre le flambeau au sein de l'association. C'est pourquoi je vais de nouveau être bénévole et adhérente au sein de l'association Grégory Lemarchal afin que plus jamais la Mucoviscidose nous arrache à ceux qu'on aime...

Anaïs alias Blogueuse A Roulettes.

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